TRAVAIL PRESCRIT ET TRAVAIL RÉEL

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2 dimensions pour 2 réalités parallèles

La prescription et la réalité du travail divisent les acteurs entre ceux qui dictent et définissent les objectifs et ceux qui travaillent pour les mettre en oeuvre.

La prescription ou la mécanisation du travail

Le travail prescrit, c’est le job tel qu’il doit être réalisé par un collaborateur dans le cadre de son activité professionnelle. Dit autrement, ce sont l’ensemble des objectifs, tâches et comportements attendus nécessaires pour répondre aux besoins de l’organisation ; le plus souvent formalisés dans une fiche de poste. C’est une vision mécanique du travail. Or dans la réalité, si les individus devaient réaliser le travail prescrit avec exactitude, et tel qu’il a été imaginé et pensé par la dimension stratégique de l’organisation, il faudrait prendre en considération toutes les situations du poste de manière exhaustive et cela est impossible. En effet il faudrait détailler avec exactitude les outils, les relations, les méthodes et les procédures internes à utiliser pour bien réaliser une tâche. Le seul moment où un collaborateur respecte à la lettre le travail prescrit, c’est lorsqu’il fait la « grève du zèle ». Ce type de grève consiste à appliquer minutieusement et à l'exagération toutes les directives et de la définition de tâche. Les travailleurs usent d'un perfectionnisme extrême dans l'accomplissement de leurs tâches respectives, ce qui paralyse souvent l’organisation. 


Comprendre le travail réel, pour révéler la richesse du travail 

Le travail prescrit reste un cadre de référence qui ne prend pas en compte les aspects contextuels des organisations. Nous sommes trop souvent tentés de penser que si l’activité diffère de la tâche ou que l’individu ne réalise pas son travail de la manière qui lui a été prescrite, c’est que la tâche elle-même a mal été conçue. Or le travail réel est ce qu’un individu va réellement réaliser au quotidien en dépit du travail prescrit. Les individus ne souhaitent pas faire du “mauvais travail”. C’est la diversité et la complexité des situations qui font que les individus ne vont pas gérer leurs émotions et mobiliser leurs capacités. Dans ce cas de figure, ils vont plutôt laisser place à leur créativité, leur savoir-faire et développer une autonomie pour s’adapter aux enjeux de la tâche à réaliser. Il faut donc concevoir le travail comme un système dynamique, évolutif et ouvert dont les éléments ne peuvent être considérés indépendamment des interactions entre les individus qui n’ont pas les mêmes référentiels, les mêmes compétences ou les mêmes moteurs pour réaliser une tâche. Certes l’organisation s’impose aux individus mais ceux-ci ajustent leurs comportements pour répondre à des contraintes du quotidien : évolution des objectifs, des commandes clients, de la production, remplacement d’un collègue, etc. Par conséquence dans une approche systémique du travail, l’activité est considérée comme dynamique et diffère de la tâche qui se veut une prescription théorique.


Travail réel et travail invisible : des notions proches et complémentaires

Le travail invisible n’est pas que l’exécution du travail. Il regroupe l’ensemble des tâches, chemins d’exécution que l’on prend, les choix que l’on fait, les échecs, ce qu’on a fait pour ne pas faire ce qu’on avait à faire. Les individus doivent trouver un équilibre entre les tâches qu’on leur demande de réaliser et l’ensemble des éléments extérieurs auxquels ils sont confrontés comme les contraintes techniques et matérielles, la priorisation, la collaboration avec des parties prenantes externes, etc. Il ne suffit donc pas d’appliquer des consignes à la lettre pour mettre en œuvre le travail prescrit. En sociologie on parle aussi d’intelligence théorique et pratique. L’intelligence théorique ne demande que d’appliquer la demande managériale alors que l’intelligence pratique est celle de l’action. Les individus interprètent, improvisent et même parfois rusent pour arriver à leurs fins.


Réduire l’écart entre le travail réel et le travail prescrit 

eRHgo, spécialisée dans l’analyse du travail et des organisations et la cartographie de poste, s’immerge au contact des organisations pour retranscrire au plus près leurs activités et les capacités mobilisées au quotidien pour décrire la réalité du travail et évaluer ce qui sépare le travail réel du travail prescrit. 

“ Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : "bien sûr, je peux !" Puis débrouillez-vous pour y arriver.” 

Theodore Roosevelt

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